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Magazine > Lettre ouverte

Lettre ouverte aux défenseurs des animaux

Le prince Sadruddin Aga Khan, fils de Mohammed Shah Aga Khan, est mort le 13 de ce mois de mai. Ce triste événement endeuille toutes celles et tous ceux qui, engagés dans le progrès moral, ¦uvrent à travers le monde à la protection et à la restauration des êtres vivants sans exclusion de races, de classes ou d’espèces.

À l’instar de Théodore Monod, ce grand humaniste rappelait sans cesse l’interdépendance des êtres vivants. Il avait une vision holistique du combat pour la sauvegarde de notre planète. Ancien Haut Commissaire aux Nations Unies pour les réfugiés, sa vie a été vouée à la paix, au dialogue interculturel, à la défense des droits de l’homme, de l’animal et de l’environnement.

Ce drame est presque passé sous silence, tandis que la sortie du dernier livre de Brigitte Bardot fait grand bruit. One Voice ne se reconnaît pas dans la dédicace de ce livre aux amis et protecteurs des animaux, le respect absolu de l’intégrité morale et physique, dû à tout être, étant le sens fondateur de notre combat.

Aujourd’hui, il est d’autant plus important de saluer la vie du prince Sadruddin, qu’elle rappelle les valeurs qui englobent notre lutte pour les animaux et qui sont avant tout des valeurs de solidarité avec les êtres les plus marginalisés. Des valeurs de non-violence, de compassion et de générosité envers les plus démunis, qu’ils soient humains ou non humains.

One Voice appelle tous les défenseurs de la cause animale à lui rendre hommage et à marcher dans les traces de ce philanthrope remarquable.

Un prince des veilleurs de la terre a disparu. Longue vie à son oeuvre !

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"Depuis toujours, l'action humanitaire m'a attiré davantage que la politique. C'est ainsi que j'ai consacré de longues années au service des réfugiés du monde entier. Pendant douze ans, j'ai assumé le poste de Haut Commissaire pour les Réfugiés aux Nations Unies après avoir été Haut Commissaire Adjoint pendant trois ans. En 1977, tout en poursuivant mon travail de haut fonctionnaire international, j'ai créé la Fondation de Bellerive, une organisation qui s'inspire d'une vision holistique dédiée à la préservation de la vie sous toutes ses forme.

Et c'est ainsi que j'ai compris la difficulté de la défense du droit de l'animal. Combien de personnes, même parmi mes connaissances proches, m'ont paru perplexes à l'idée que l'on puisse s'intéresser à un animal, qu'il soit prisonnier à vie dans une cage de cirque, dans un élevage intensif, ou témoin du massacre de son espèce pour son ivoire ou sa fourrure.

Les critiques n'ont guère su faire le lien entre mon travail humanitaire et mes efforts en faveur de la cause animale et de son habitat. Pourtant, la protection de la nature est inexorablement liée à la sauvegarde de l'humanité. L'on assiste de plus en plus fréquemment à l'exode de réfugiés "écologiques". Victimes d'inondations, de glissements de terrain, de la déforestation, de l'avancée des déserts, de pollutions de toutes sortes, des populations entières subissent les chocs en retour d'un environnement saccagé par l'homme.

L'élimination systématique des animaux sauvages et la dégradation quotidienne de la biodiversité contribuent à créer un déséquilibre dont les conséquences à long terme sont incalculables. Aujourd'hui, le scandale dit de la "vache folle" démontre bien à quel point le mépris pour l'existence des animaux d'élevage s'est répercuté sur les être humains. Pourtant l'on assiste à un débat stérile où les nations se rejettent l'une l'autre leur responsabilité. Le problème éthique n'est jamais pris en compte. Il faut à tout prix améliorer les conditions de vie de ces animaux et il est intolérable de les faire souffrir ainsi. La rentabilité à tout prix nous a fait oublier leur martyre. Mais cette attitude irresponsable fait aujourd'hui des victimes humaines, comme pour nous rappeler l'interdépendance qui nous lie à tout être vivant."

Interview publié dans l'Animaction n°3 - Automne 1996


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