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Les éléphants grands perdants de la CITES - Novembre 2004
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C’est sur un coup de théâtre que s’achève la réunion de la CITES (Convention sur le Commerce International des Espèces menacées), qui s’est tenue à Bangkok en octobre 2004. Contre toute attente, les Etats-Unis ont voté pour une résolution autorisant la Namibie à vendre des objets en ivoire et l’Europe s’est abstenue sur ce sujet. Du coup, l’autorisation est donnée de fait aux braconniers de reprendre leurs activités sur une grande échelle.

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Statuettes

En cause, des statuettes. La Namibie estimait que l’interdiction de vente de l’ivoire menaçait une tradition locale, la réalisation de pièces sculptées, nommées « ekipa ». Soutenue par l’Afrique du Sud, la Namibie réclamait également  l'autorisation du commerce contrôlé des produits provenant de l'éléphant, autres que l'ivoire, comme le cuir et les poils. Elle a obtenu gain de cause sur ces deux points.

Tractations de dernière minute

Pourtant, dans un premier temps, les délégués de la CITES avaient indiqué repousser ces deux projets de résolution. Mais des tractations de dernière minute en ont décidé autrement. Si la décision américaine surprend (mais pouvait-on attendre un geste en faveur de l’environnement de la part de l’administration Bush ?), celle de l’Union européenne déconcerte. En effet,  plusieurs pays tel que la France, l'Allemagne, la Hongrie et le Royaume-Uni s’étaient résolument prononcés contre toute autorisation du commerce de l’ivoire. Mais la présidence hollandaise de l’Union n’a pas su trouver un consensus sur la question. Résultat : l’abstention. Le retrait de 25 mandats du vote qui ont permis à la résolution namibienne de passer.

Braconnage

La Namibie pourra donc écouler ses objets en ivoire. L’Afrique va donc être confrontée à une situation tristement connue. En effet, chaque fois que par le passé,  il avait été possible découler légalement des stocks, les braconnages d’éléphants avaient repris en nombre, puisque les possibilités de revente, via les circuits officiels, étaient élargies.

Contre l’Afrique

Cette décision va en outre à l’encontre d’autres pays africains. Onze états africains francophones (Congo, Bénin, Tchad, République centrafricaine, Gabon, Niger, Mali, Togo, Côte d’Ivoire, Sénégal et Guinée), réunis à Paris, en juillet, avaient décidé de signer une résolution en faveur de la protection des éléphants.

Pas de moratoire

Autre mauvaise nouvelle pour les pachydermes, l’initiative du Kenya visant à obtenir un moratoire de 20 ans, puis au moins un moratoire de 6 ans sur le commerce de l'ivoire a échoué. Bien qu’ayant reçu, cette fois,  le soutien de l'Union européenne, elle n'a pas pu rassembler les deux tiers des votes nécessaires.

Contrôles

Seule amélioration : les  délégués ont apporté leur soutien au projet déposé par plusieurs pays africains de lutter contre le trafic d'ivoire. Ces braconnages provoquent chaque année la mort de plus de 12.000 éléphants. Il s’agit pour la CITES de soumettre les marchés intérieurs d’ivoire à des contrôles stricts, ce qui pourrait mener, à terme à leur disparition. Cependant, comme les délégués ont repoussé toute augmentation des crédits, la CITES se trouve confrontée à la situation suivante : contrôler un marché sans avoir les moyens de le faire.

Trophées de chasse autorisés

La conférence a autorisé des quotas d'exportation de trophées de chasse de crocodiles, de léopards, de rhinocéros blancs et de rhinocéros noirs.

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