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« Chaud au cœur »
« Cela fait soixante ans que je circule sur cette montagne
d’Ursuya, c’est la première fois que je vois
cela et cela me fait vraiment chaud au coeur. » Ce que cet
habitant du village basque d’Hasparren voyait pour la première
fois lorsqu’il nous a écrit, en 1999, c’est
l’absence d’entraves aux pieds des pottoks de sa contrée.
Occuper le terrain
Soixante ans. De mémoire d’homme, jamais ces petits
chevaux basques n’avaient vécu sans ces lourds «
sabots » de bois, gênant leurs mouvements et les blessant
systématiquement. C’est dire si l’action de
One Voice depuis 1998 sur le terrain a changé les choses.
Les entraves, c’est vrai, ont tendance à disparaître,
mais il faut rester vigilant, continuer à occuper le terrain,
surveiller les élevages et dénoncer les éleveurs
encore indélicats.
Témoins
Notre pétition a commencé à faire effet dès
qu’elle a circulé. Les éleveurs ont assez
vite eu une attitude un peu méfiante et ils ont craint
la présence de One Voice sur les foires aux chevaux par
exemple, ou bien ils ont supprimé l’usage des entraves
sachant que les habitants témoins de cette pratique étaient
susceptibles de nous prévenir. Les centres équestres
ont également pris conscience des mauvais traitements subis
par ces animaux.
Prime
Les signatures recueillies ont été envoyées
à Bruxelles. C’est la Direction générale
de l’Agriculture de la Commission européenne qui
distribuait les subventions. Cette manne financière s’est
depuis interrompue. Cependant, le ministère de l’Agriculture
français a décidé de la remplacer. Elle était,
en 2003, de 153€ par reproducteur « identifié »,
afin de préserver la race de l’abandon.
Passages canadiens
Par ailleurs, nous demandons également aux instances européennes
de financer des passages canadiens, qui permettent aux troupeaux
de circuler d’un pâturage à l’autre sans
que puisse être invoqué le risque qu’ils ne
s’égarent sur les routes, ce qui rendrait l’utilisation
des entraves sans objet. Nous militons aussi pour la fin des mutilations
des oreilles, qui sont pratiquées pour reconnaître
les troupeaux.
8000
ans d’histoire
Le sud-ouest de la France a été colonisé
par l’homme après la dernière glaciation,
quelque 8000 ans avant Jésus-Christ. Les terres proches
des cours d’eau ont d’abord été
défrichées, et les chevaux sauvages qui vivaient
là ont dû reculer vers des zones en altitude
au fur et à mesure de l’installation des hommes.
C’est ainsi qu’au fil des siècles le
pottok se retrouve dans les contrées les plus froides
et les plus arides des Pyrénées. Il n’a
jamais été intégré à
la vie domestique de la ferme. En revanche, les bergers
peuvent lui être reconnaissants aujourd’hui
car il mange l’herbe délaissée par les
moutons. Il entretient le milieu naturel en quelque sorte. |
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