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1998, le scandale éclate
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Animal emblématique du Pays Basque,
le Pottok (prononcer potiok) est un poney rustique,
particulièrement bien adapté au climat de montagne.
Présent depuis des millénaires, il était victime
de traditions d’élevage qui conduisaient à lui mutiler
les oreilles et à l’entraver, pour qu’il ne s’échappe pas.

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Touristes

Ce sont des touristes, frappés de voir des poneys maigres et souffrants, qui ont alerté One Voice. Un enquêteur a été dépêché sur le terrain. Son constat est sans appel : effectivement, les animaux sont maltraités.

Oreilles coupées


Afin de différencier les troupeaux qui déambulent librement dans les montagnes et peuvent se mélanger, on coupe ou découpe les oreilles avec des entailles de formes diverses, avec un couteau ou des ciseaux, à vif. Or, les oreilles d’un cheval sont particulièrement sensibles.

Entraves


Les massifs ne sont pas tous clôturés. Les poneys vont sur les petites routes, pas toujours munies de passages canadiens et débouchant sur de plus grands axes de circulation. Comme "solution", une technique locale est employée, l’entrave. Il s’agit d’une grosse pièce de bois qui enserre une jambe, juste au dessus du pied. Elle est utilisée depuis des siècles pour que les chevaux restent à peu près au même endroit et soient faciles à repérer.

Heurts

Les pottoks avancent donc comme ils peuvent, trébuchant fréquemment quand le bout de bois, décentré et donc déséquilibré, pivote et se plante en terre. Ou alors il revient cogner contre l’autre jambe.

Blessures


Certains modèles sont relativement petits, d’autres plus longs et plus épais sont très lourds, le poil de la cheville est rapidement usé et la peau à vif. Parfois le sang coule. Mais ces blessures ne sont pas soignées. Sur l’herbe, l’entrave est pénible à supporter, c’est pire encore dans les buissons bas ou les cailloux.

Sabots déformés

Certains éleveurs ne les posent que quelques semaines par an, d’autres les laissent douze mois de suite. One Voice a d’ailleurs porté plainte à ce sujet contre trois éleveurs. Avec l’entrave, au lieu de faire 4 à 6 km par jour, l’animal ne parcourt plus que 200 à 400 mètres au maximum. Résultat : le sabot (qui continue à pousser constamment comme les ongles) ne s’use plus comme il faut et peut même croître démesurément - le bout pouvant même décoller du sol en se recourbant "en babouche".

Estropié à vie


C’est un peu comme si, au lieu de poser la main sur une table, vous ne pouviez appuyer que le poignet. Il en résulte une déformation de l’ossature. Estropié à vie, l’animal ne pourra plus jamais marcher normalement. Même quand l’entrave est retirée, les sabots trop longs ne permettent plus de galoper, voire de trotter.

Malnutrition


Les chevaux présentent de gros ventres, pouvant laisser penser que ces animaux mangent à leur faim. Une impression trompeuse, en fait ils souffrent de malnutrition. L’herbe est peu nourrissante, souvent très rase dans des lieux très paturés, il faut bouger beaucoup pour s’en remplir le ventre. Et ça ne suffit pas toujours. Rares sont les animaux aux muscles fermes et rebondis, au beau poil luisant. Il y a parfois des compléments de foin fournis par les bons éleveurs, mais c’est exceptionnel.

Primes européennes


Comment en est-on arrivé là ? Par des primes européennes. Une affaire qui prouve que souvent l’Enfer est pavé de bonnes intentions. Le Pottok est une race menacée. Pour la préserver, l’Europe a décidé d’aider les élevages. Malheureusement, certains ont détourné ces subventions en créant de « vrais-faux » Pottoks, destinés à la boucherie

Face à cette situation, One Voice a porté plainte, lancé une pétition contre les entraves et les mutilations et réclamé la pose de « passages canadiens » qui rendent les routes inaccessibles aux chevaux.

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