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Chute
de 17%
36.000 chevaux ont ainsi été abattus en 2002, selon
les statistiques du ministère de l’Agriculture contre
44.000 en 2001. Les chiffres de 2003 devraient être encore
en baisse.
Les élevages en France se font de moins en moins nombreux.
Selon une étude de l’Ovival (Office national interprofessionnel
des viandes, de l'élevage et de l'aviculture), 4628 chevaux
ont été importés en France à fins
de boucherie soit une chute de 17% comparé à la
même période de 2002. Les importations d’animaux
vivants ne représentent plus que 6% de la consommation,
ils viennent notamment de Pologne et d’Espagne. Par ailleurs
la France a exporté 4.304 chevaux pour la consommation
humaine, essentiellement vers l’Italie.
Poulains
Et encore lorsque l’on parle de chevaux, devrait-on écrire
poulains. En effet, les Haras nationaux dans une fiche statistique
consacrée à l’élevage de chevaux indiquent
que : « La majorité des poulains [de trait]
est élevée pour produire de la viande. Ils sont
abattus lors de leur première année (ils ont entre
6 et 9 mois et sont appelés «laitons») ou de
leur seconde année. Le reste sert au renouvellement du
cheptel de reproducteurs ou est destiné à d’autres
utilisations (attelage, débardage…). D’après
une enquête, les jeunes chevaux de trait représenteraient
29% des chevaux abattus. Les 71% restants sont constitués
de chevaux adultes de réforme (48% de chevaux de sang et
23% de chevaux de trait) ».
Manège
Car, effectivement si les chevaux de trait sont élevés
pour finir à la boucherie, entrent aussi dans les abattoirs
des chevaux de course ou de manège qui sont devenus trop
âgés pour être montés, ou bien encore
de jeunes animaux de trois ans environ qui ne répondent
pas à des critères de performance suffisants. Cela
représente un cheval abattu sur deux.
Point de vue d’expert
Si dans notre pays, les éleveurs et industriels de la filière
équine font profils bas, car ils savent que leur activité
n’est guère appréciée, au Québec,
ils n’ont pas ces pudeurs. Un site d’une boucherie
canadienne lève donc, sans fard aucun, le voile sur la
réalité de ses pratiques.
Il est ainsi écrit : « Un dicton populaire
affirme: <<vieux boeuf, mauvaise viande; vieux cheval, bonne
viande !>>. Les connaisseurs, en effet, apprécient
le cheval âgé parce que la viande est alors mûre
et à point. L'étal de la boucherie hippophagique
propose deux sortes de viande: celle du poulain qui donne une
viande blanche, pendant nutritif du veau, neutre de goût,
très digestible, et celle du cheval adulte ».
Réforme
Et de préciser : « S'il est bon à
3 ou 4 ans, le cheval est délicieux après sa septième
année. Il se consomme jusqu'à un âge avancé
s'il n'est pas soumis à un travail pénible. Il est
intéressant de signaler qu'un cheval peut vivre jusqu'à
25 ou 30 ans ». Autrement dit, les vieux chevaux dits
de réforme finissent en steaks.
Serviteurs
Cette même boucherie répond aussi sans ambage à
la question de son approvisionnement : « Mais d'où
viennent ces chevaux destinés à la boucherie? Certainement
pas cas d'obscures porcheries, ni d'élevages de volailles
ou de veaux en batterie. Il y a d'abord les chevaux d'équitation
que leurs propriétaires ne peuvent plus nourrir (le cheval
est une bête exigeante et gourmande), les chevaux de courses
gravement blessés (fractures) ou irrémédiablement
réformés pour boiteries incurables. Autant de problèmes
qui ne sauraient affecter la qualité d'une viande. On voit
aussi de temps à autre quelques vieux serviteurs (vieux
cheval synonyme bonne viande) solides et bien musclés,
que les tracteurs ont impitoyablement éliminés des
fermes. Mais dans tous les cas, ce sont des animaux nourris aux
<<petits oignons>>. ».
Transport
Toujours selon les Haras nationaux il n’y avait plus en
France que 1500 boucheries chevalines en 2001. Certes, les chiffres
sont en recul. Mais cela ne doit pas faire oublier que les chevaux
importés subissent de très longues heures de transport
dans les camions avant d’arriver dans les abattoirs. En
outre, une certaine opacité règne sur ce type d’importations,
ce qu’avait souligné un rapport de la Commission
européenne au moment de l’affaire de contamination
par la trichinellose en France en 1998. En effet, la viande de
cheval, mal cuite, peut tuer son consommateur. Tant et si bien,
qu’en France, la législation interdit de proposer
de la viande de cheval en restauration collective.
Comment
la filière équine voit les consommateurs
Il
faut voir comme on nous parle ! Une étude de l’Ofival
(Office national interprofessionnel des viandes, de l'élevage
et de l'aviculture) sur « la filière chevaline
en France » permet de mieux connaître la consommation
en France, mais aussi le point de vue des producteurs. Cette étude
a pour objet de relancer la consommation en France.
Ainsi on y apprend que seuls 23% des ménages français
mangeaient de la viande au moins une fois dans l’année
en 1998, alors que 43% sont présentés comme réfractaires
à la consommation de viande de cheval.
Ce que l’Ofival analyse ainsi : « Plus de
40% des ménages sont irrécupérables… »
Les
peaux aussi
Les
chevaux ne sont pas abattus que pour leur viande. Leur peau est
aussi utilisée. C’est le cas notamment des poulains
dont le cuir est prisé pour la réalisation de chaussures
de luxe. La peaux des jeunes chevaux est aussi employée
pour la confection de sacs, mais aussi de manteaux.
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