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Surpopulation
Les poussins sont élevés dans des hangars. Les
bâtiments contiennent plusieurs milliers, parfois même
plusieurs dizaines de milliers d'animaux. Lorsqu'ils arrivent,
ils sont installés sur une couche de sciure. Encore petits,
ils ont de la place pour bouger, mais ce très relatif
confort ne dure pas.
Prise de poids accélérée
Le but de l'élevage intensif est de produire un animal
le plus gros possible en un minimum de temps. La prise de poids,
accélérée par les produits chimiques et
les antibiotiques contenus dans leur alimentation, provoque
diverses maladies chez ces poulets Ils développent des
affections cardiaques, ont un foie et des intestins trop gras.
Leurs squelettes ne suivent pas ce développement hors-normes.
Les pattes notamment souffrent de déformations.
Bagarres
À cinq semaines, entassés les uns sur les autres,
ils se battent pour tenter d'arriver aux points de nourrissage
et d'abreuvement. Beaucoup ne survivent pas à cette compétition
et aux conditions de vie : chaleur, stress, déshydratation,
maladies, sous-nutrition (ils ne peuvent pas toujours atteindre
les mangeoires). Chaque année, des millions d'oiseaux
meurent et se décomposent dans les hangars avant l'abattage.
Litière ammoniaquée
Les hangars ne sont pas nettoyés pendant la durée
de l'élevage. Les déjections transforment la litière
en une masse solide, humide et remplie de micro-organismes.
Vers la fin de leur courte vie, dans une quasi obscurité,
incapables de véritablement marcher à cause de
la masse des autres, voire de rester debout sur des membres
inadaptés, ces poulets gisent sur une litière
pleine d'ammoniaque. Il en résulte des "brûlures"
à la poitrine et des ulcérations aux pattes.
Capture brutale
Après quelques semaines, ces poulets sont capturés.
Des "ramasseurs" saisissent les oiseaux par les pattes
et les emportent jusqu'à une cage où ils sont
entassés sans ménagement. L'opération se
fait à toute vitesse. Les couvercles sont rabattus violemment
sur les pattes, les ailes et les cous qui dépassent.
De ces manipulations brutales, il résulte de nombreuses
fractures et déboîtements d'articulations. Les
camions sont surchargés. Des millions de poulets meurent
pendant le dernier transport vers l'abattoir. Chocs, stress,
chaleur ou froid, suffocation et blessures ont raison d'eux.
A l'abattoir
À l'abattoir, les poulets sont arrachés de leurs
cages et leurs pattes positionnées dans des boucles métalliques
sur une chaîne automatique, la tête en bas. Ils
pendent ainsi quelques minutes, avant d'être étourdis
électriquement par une machine pas toujours efficace
pour les rendre inconscients. La technique courante consiste
à abaisser l'animal pour que sa tête trempe dans
un bain d'eau électrifiée. Mais cette méthode
n'est pas fiable. Beaucoup d'oiseaux relèvent la tête
et ne sont pas étourdis. Et pour éviter des problèmes
de coagulation sanguine dans la viande, le courant est souvent
trop faible. Beaucoup se réveillent donc au moment où
on leur tranche le cou. De surcroît, les couteaux automatiques
qui tranchent la gorge sont réglés sur une taille
moyenne : les poulets les plus petits les reçoivent dans
la tête, les plus gros dans la poitrine. Les morts comme
les vivants sont ensuite plumés au moyen d'eau bouillante.
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