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Le foie gras protégé en France ?
Octobre 2006
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En 1999, le Conseil de l’Europe émettait une série de  recommandations telles que la disparition des cages individuelles et la mise en œuvre de solutions alternatives au gavage. Elles doivent aujourd’hui être réexaminées, dans le sens d’un durcissement de la réglementation, ce qui suscite l’inquiétude des professionnels du foie gras, qui ne les ont toujours pas appliquées…

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Du bien-être des producteurs !

En 2005, le ministre de l’Agriculture, Dominique Bussereau, a accordé un délai supplémentaire de 5 ans aux producteurs de fois gras, repoussant ainsi à 2016 l’application des recommandations européennes. Ce délai doit faciliter la mise aux normes des installations. Dans 10 ans, oies et canards seront donc censés profiter d’une nouvelle méthode d’élevage, apte leur épargner toute souffrance – mais tout en continuant à développer des foies gras bien sûr…

Alternative ou leurre ?

Le foie gras est la conséquence directe du gavage. Ce serait donc un leurre de croire une alternative possible. L’objectif des études scientifiques menées actuellement n’est d’ailleurs pas de le remplacer, mais d’en diminuer la durée et d’obtenir des animaux moins sensibles aux traumatismes liés à cette méthode de nourrissage ! La seule véritable solution pour que stoppe la souffrance serait l’arrêt de cette production…

La solution française : des foies comme patrimoine…

Afin d’éviter d’être sanctionné par l’Europe, le ministère de l’Agriculture a activement cherché une solution. En novembre 2005, le Sénat a adopté un amendement incluant le foie gras dans le « patrimoine culturel et gastronomique protégé en France ». Devenu une exception culturelle, le foie gras échappe à la réglementation française et européenne concernant la protection des animaux, autorisant par là même le gavage, indispensable à son obtention !

Un soutien aveugle

Bien qu’ils ne respectent pas les recommandations de la communauté européenne, les producteurs continuent à bénéficier des aides financières accordées dans le cadre de la politique agricole commune. Le label « indication géographique protégée », qui atteste de la qualité et de l’origine d’un produit, est subventionné à 70% par l’Union Européenne… Son cahier des charges doit donc être très léger, puisqu’il n’inclut même pas le respect de la réglementation en vigueur ! Le respect du bien-être animal est encore une fois bafoué.

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