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Quasi-monopole
L’industrie de la fourrure du chinchilla existe depuis longtemps
dans ce pays, ainsi que dans les états voisins tels que
la Hongrie, la république de Yougoslavie et la Bosnie.
En Croatie, une firme « Chinchillas Dakovic »
a le quasi-monopole du marché. Elle a confié l’essentiel
de l’élevage à une multitude de petites fermes
réparties dans tout le pays.
Elevages
Dans ces établissements, il s’agit le plus souvent
de faire se reproduire les animaux et les amener à l’âge
de 9 mois. « Chinchillas Dakovic » se charge
ensuite de récupérer les rongeurs, puis de les tuer
et d’en exploiter la fourrure. Mais il arrive que les « fermiers »
mettent à mort eux-mêmes les animaux.
Bacs à sable
Les centres d’élevage sont de petites dimensions.
De 100 à 300 animaux y sont détenus. Chaque animal
dispose d’une cage de 50cm de long sur 45cm de large pour
une hauteur de 35cm. Le sol est une plaque métallique recouverte
de sciure. Les animaux disposent d’une petite plateforme
ainsi que d’un bac à sable, où ils se lavent
pour entretenir leur pelage.

Ventilateurs
Ces rongeurs apprécient une température oscillant
entre 15°et 20° lorsqu’ils sont en captivité.
Pour ce faire, les éleveurs utilisent des ventilateurs
en été et des chauffages en hiver. Les femelles
reproductrices sont les moins bien loties. Alors que les mâles
disposent de tunnels pour aller les rejoindre, elles ne peuvent
sortir de leur cage en raison des colliers en plastique qui ont
été placés autour de leur cou. En liberté,
les chinchillas ne forment qu’un seul couple pour la vie.
Souffrances
De part son caractère affable, le chinchilla supporte assez
bien la détention. Les éleveurs peuvent d’ailleurs
les prendre hors de leur cage et les remettre sans risque de se
faire mordre.
Si les conditions de détention n’ont pas de commune
mesure avec les désastreuses fermes de visons, la mise
à mort des chinchillas s’effectue, elle, avec beaucoup
de souffrances.

Electrocution
Les animaux sont tués par électrocution, gazés
ou ont le cou brisé. Cette dernière méthode
est prohibée dans les pays de l’Union européenne,
mais en Croatie il n’y a ni loi ni code pour élever
des chinchillas. Y en aurait-il, le personnel manquerait pour
vérifier leur respect.
Notre enquêteur a pu filmer, en caméra cachée,
les derniers instant d’un de ces rongeurs.
Mort lente
« L’éleveur a attaché des clips
métalliques à une patte et à la gueule de
l’animal, puis les a reliés à un transformateur,
explique-t-il. Le chinchilla criait extrêmement fort quand
on lui a posé les électrodes. Il s’est tu
dès que le courant est passé. Mais après
plus d’une minute et demie, il bougeait toujours. Le fermier
a vérifié plusieurs fois pour s’assurer s’il
était mort. Deux minutes après le début de
l’électrocution, c’était le cas. Alors
le fermier a ôté les clips et a commencé à
le dépecer, non sans l’avoir secoué une dernière
fois pour être sûr qu’il ne vivait pas encore ».
Il faut 120 chinchillas pour faire un manteau.

Marasme
Le marché de la fourrure est en plein marasme en Croatie.
Les peaux se vendent moitié moins cher qu’il y a
5 ans et le nombre des fermes a été divisé
par 10, passant en deux ans, de 2000 à 200 unités.
Et ce chiffre devrait continuer à baisser. Cela ne signifie
cependant pas que ce commerce soit en régression au niveau
mondial, mais les fournisseurs préfèrent faire élever
les animaux dans d’autres pays, moins chers.
Sauvetage
Seule bonne nouvelle de ce séjour croate : notre enquêteur
a pu ramener 33 chinchillas sauvés d’une ferme. À
leur arrivée en France, ils ont été placés
au « Refuge de l’Arche » où
ils vivent maintenant, heureux, en liberté.
Animal de compagnie… pour noctambules !
Contrairement à ce que laisse croire l’industrie,
le chinchilla tué pour sa fourrure est exactement le même
que celui qui est devenu un animal de compagnie. Ce charmant rongeur
est d’ailleurs fréquemment réclamé
en cadeau. Si les parents savaient que la délicieuse créature
vit une bonne quinzaine d’année, est strictement
nocturne et nécessite une alimentation adaptée,
sans doute renonceraient-ils… |