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Des effectifs en chute libre
70 % des espèces les plus recherchées sont
menacées : les sardines en Californie, les anchois
au Pérou, les morues à Terre-Neuve ou le hareng
en mer du Nord et le nombre de flétans et de thons rouges
a diminué de 90 %.
Secteur en danger
C’est ainsi que l’Europe a tenté de se doter
d’une réglementation qui se veut plus respectueuse
de l’environnement en limitant les prises. Lors des négociations
à Bruxelles, en décembre 2003, la France s’est
battue pour que les quotas de pêche soient les plus larges
possible. Elle a obtenu des concessions, mais globalement, la
commission européenne a tenu bon. Le but est de freiner
la pêche afin que les cabillauds et les merlus puissent
à nouveau être en nombre suffisant. Certains
scientifiques militaient, eux, pour l’arrêt pur et
simple des prélèvements, mais l’impact sur
la filière de la pêche aurait été socialement
explosif.
Cependant, même les marins-pêcheurs, s’inquiètent
de voir les quantités de poissons se réduire. C’est
pourquoi, One Voice a décidé d’engager, conjointement
avec Greenpeace, une campagne sur ce dossier.
Conséquences humaines
Selon Greenpeace, il existe 3,5 millions de bateaux de pêche.
99% d’entre eux sont des embarcations de petite taille.
Reste 1% de flotte industrielle qui effectue 50% de la pêche
mondiale.
Le résultat est là, à force de prélever
les poissons n’importe comment, ils se raréfient.
Alors, les grandes firmes ont décidé d’aller
les traquer toujours plus profond. Et quand cela n’a plus
suffit, les armateurs ont délaissé les zones de
pêche traditionnelles pour se tourner vers les océans
du Sud, où ils privent la population d’une source
importante de nourriture.
Une situation d’autant plus choquante que la pêche
industrielle gaspille les ressources. «Tous les ans, souligne
Greenpeace, les flottes industrielles prélèvent
en moyenne 27 millions de tonnes de poissons non ciblés.
25% des prises annuelles de poissons sont rejetés morts
par-dessus bord.»
Biodiversité menacée
Moins de poissons, c’est aussi moins d’animaux entrant
dans la chaîne alimentaire. Ce qui a des conséquences
pour les poissons eux-mêmes, mais aussi pour les mammifères
marins et les oiseaux. Greenpeace rapporte que « des
études sur les populations de baleines à bosse indiquent
que les jeunes individus au large des côtes de Terre-Neuve
sont plus petits que la taille normale pour l'espèce, du
fait de la raréfaction du poisson dont ils se nourrissent.
On assiste par ailleurs à des migrations inhabituelles
de phoques du Groenland affamés qui viennent chercher leur
nourriture au large du Canada ».
La pollution aussi
Les poissons accumulent des produits toxiques et métaux
lourds spécialement concentrés dans les mers et
océans (mercure, cadmium, etc.) Cela n’empêche
pas l’Union européenne de donner 70 milliards d’euros
de subventions à l’industrie de la pêche qui
capture 130 millions de tonnes de poissons par an.
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